QUE LA FORCE SOIT AVEC... MAIS PUTAIN LAQUELLE ???

Votez Non ! - Mais non, votez Oui ! Ah oui, mais Non ! Mais oui !

 

Mercredi 25 mai 2005
Mon cher Serge,
Je n'irai pas voter contre Chirac ou Raffarin dimanche.
Je n'irai pas voter non plus contre le grand concert planétaire.
Par ailleurs, si j'espérais encore dans le Grand Soir, je n'irais pas voter du tout : j'essaierais de me souvenir des méthodes que tu enseignais jadis dans les amphis parisiens.
Et pourtant, selon toute probabilité, je voterai contre l'adoption du TCE.
Ce faisant, j'aurai le sentiment de voter pour. Ca me changera.
Pour que les Portugais travaillent moins de 60H par semaine. Pour que les Roumains touchent un peu plus de 110 € par mois. Pour que les Français meurent à la retraite. Pour que les Irlandaises choisissent d'être mères. Pour que les Hongrois puissent vivre près de leur famille. Pour que les petits Allemands et les petits Britanniques n'apprennent pas le chinois et les règles des marchés dérivés avant leur langue maternelle. On doit pouvoir trouver vingt-cinq arguments comme ça.
J'ai quarante piges, une situation enviable. Je n'aurai jamais autant de pouvoir de peser sur mon environnement, au sens large, qu'à présent. Entre autres, en allant voter.
Et j'ai deux enfants. Deux petits européens du monde.
Par conséquent, mon cher Serge, dimanche je n'irai pas voter contre Chirac, mais pour mes enfants.
Par LE PERRON - Publié dans : cyberemy
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Mercredi 25 mai 2005
OUI, pour une autre Mondialisation

A une semaine du référendum sur le TCE, le comportement des « leaders » du oui, comme du non, de gauche, menacent celle ci d'un nouveau discrédit, par incapacité à incarner un projet mobilisateur et créateur de possible et d'avenir collectifs.

D'accord !


Avec des accents qui empruntent de plus en plus à des temps qu'on croyait révolus, les imprécateurs les plus sectaires de la campagne du non de gauche sont aussi peu sourcilleux des relents « sécuritaires »  de certains argumentaires et amalgames de leur camp qu'ils sont soucieux de vouer les partisans du oui de gauche aux gémonies du social libéralisme et de la trahison de classe.
Les principaux animateurs -socialistes- de la campagne du oui ne sont quant à eux pas à la hauteur des enjeux. Les chantages au chaos et le rejet de tous les partisans du non comme « anti-européens » sont infondés et ne constituent en rien des arguments susceptibles d'emporter l'adhésion.

D'accord !


Aux premiers nous reprochons d'une certaine façon de tomber dans le panneau libéral. En se focalisant sur la comptabilité des références au libre marché, ils en oublient, souvent négligent, et parfois méprisent, les aspects éminemment civilisationnels et non marchands, qui sont spécifiques au projet européen : les précieuses références à la paix et à la légalité internationale, le refus des discriminations fondées sur l'origine ou sur l'orientation sexuelle, les références constitutionnalisées au respect des droits de l'homme, la prise en compte des droits de l'environnement et des générations futures comme objectifs de l'union etc... Cette forme de mimétisme n'est elle pas un marqueur du besoin de renouvellement de la pensée de gauche, modérée comme radicale ???
Aux seconds nous en voulons de ne pas davantage expliquer et porter certains objectifs :

Et reprochez-vous à Alain Lipietz ceci : "Tout aussi compréhensible, quoique beaucoup moins légitime, est l'opposition d'une partie de la France d'en haut, le non des [...]" Qui en des termes savants et délicats nie le droit de répondre NON à une question posée.

La fameuse et libérale partie III qui seule nous restera, en cas de rejet du TCE, n'est pas que la compilation des anciens traités. Elle en modifie certains chapitres. Il deviendra ainsi possible au Parlement européen, devenu co-législateur et maître du budget agricole de réformer, un modèle agricole qui profite tant aujourd¹hui à l'agro-industrie intensive et exportatrice ... française. L'élaboration d'une politique commune d'asile et d'immigration est quant à elle indispensable pour faire disparaître la course au moins disant « accueillant » révélée par la crise de Sangatte en supprimant le droit de veto dont usent et abusent les ministres de l'intérieur. Ces évolutions sont elles vraiment souhaitées à gauche ? existe t'il un candidat à la présidentielle prêt à expliquer que l'avenir de la France et de l'Europe sociales se jouent aussi sur ces choix ?
On  n¹est malheureusement qu¹à peine surpris que tous, partisans du oui et du non, oublient allègrement les apports incontestables et mesurables de la législation environnementale européenne en France ou les effets bénéfiques des mises aux normes environnementales préalables à l¹élargissement à l¹est (demandez au Danube !) . Les uns seraient obligés de reconnaître que cette Europe libérale impose des contraintes et réglementations à l'industrie. Les autres forcés de renier leurs complaisances passées avec les opposants à Natura 2000.
N'en déplaise aux amateurs de simplifications et de caricatures, il ne nous est pas demandé de répondre oui, ou non, à l'Europe libérale ; la belle affaire, ce serait si facile.

 
Effectivement, oui ce serait trop facile. Mais pour une fois il est possible de dire non à un texte qui, quoi qu'on en dise, est construit sur le schéma d'une économie libérale assistée d'un travail des élus qui soutient cette économie au profit des plus riches. Le TCE, au goût de certains accepte et consolide un état de fait. Et qui peut dire qu'un non, en ce sens est illégitime. Et si cet état de fait ne nous convient pas, comment dire oui?
N'est-il pas possible de demander une AUTRE société? N'a-t-on pas même le droit d'en rêver? Faudra-t-il une révolution pour être entendus?

Nous avons à rejeter, ou approuver, le TCE, selon qu'il nous paraît porter la promesse de toujours plus droit pour les affaires et les marchés ou plus de droits individuels et collectifs des citoyens.
Nous voterons oui parce que l'unique alternative réellement existante est entre le Traité de Nice et le TCE et parce que ce dernier donne plus de pouvoir d¹action aux citoyens et à leurs représentants.

La question posée n'appelle qu'un oui ou un non. C'est effectivement une question fermée. Mais la créativité humaine ne peut rien construire d'autre que le TN ou le TCE? C'est bien triste alors... Pourquoi s'enfermer entre deux écrits. Ne vous est-il pas même possible d'imaginer qu'on peut rédiger un autre texte? Comment peut-on être aussi fermé?

Parce que les parties I, II et IV portent la démocratisation de l'Union européenne et de ses modes de définition des politiques, de décision.
Parce que la partie III, les politiques, seront plus facilement révisables, modifiables, avec le nouveau Traité constitutionnel qu'avec les traités en vigueur.

Selon quels critères cette assertion est-elle établie ?

Parce que l'ensemble, amorce une Union plus démocratique et plus politique.  
Le TCE n'est certainement pas une condition suffisante pour l'Europe sociale, il en est une condition nécessaire. Les avancées sociales de demain, comme celles d'hier, on sait cela à gauche, procèderont des luttes sociales ; elles n'ont jamais été « données ».
Nous pourrons plus facilement nous y employer demain dans une Union qui reconnaît comme objectifs l'économie sociale de marché, le haut niveau d'emploi, la lutte contre la pauvreté et les exclusions, la non discrimination...
Nous avons coutume de beaucoup exiger des autres, soyons exigeants avec nous mêmes : ne réduisons pas l'Union européenne à un espace de libre échange. Ou alors sortons de notre hexagone et allons voir si dans l'Alena (l'alliance de libre échange nord américaine) la peine de mort est interdite, les droits fondamentaux et l'accord de Kyoto sont approuvés et s'il est seulement imaginable que des mexicains et des canadiens votent une loi qui s'applique aux USA !?
Ce oui est tout le contraire d¹on ne sait quelle résignation à l¹état des choses. Il s¹inscrit dans la volonté de dépasser par le haut les échecs et les erreurs de la période passée. Il appelle la redéfinition d'un nouveau projet collectif, pour la gauche et l'écologie. Imaginer une alternative à la mondialisation libérale nécessite de développer ici et maintenant, à l'échelle européenne des voies nouvelles ; nos partenaires des forums sociaux planétaires n¹attendent pas moins.
L'Europe s'est construite par le marché, elle en porte les traces. Le pire serait de confier l'écriture des pages suivantes aux seuls thuriféraires de l'intégrisme monétariste et ultra libéral. C'est bien le risque que porte l¹hypothèse pour le moins crédible, d¹un échec de la demande de renégociation, qui est le seul débouché dont il faut faire crédit aux partisans du non de gauche.

Là encore, un argumentaire pourrait me convaincre plus qu'un simple affirmation

Il faut aussi rendre justice à ces derniers d'avoir forcé le débat et facilité son appropriation par les citoyens. Ce n'est pas une raison pour nous tirer une balle dans le pied en votant non. C'en est une pour ré investir la demande d'Europe dans la définition d'un projet d'avenir, en transcendant les clivages actuels.

Dois-je comprendre : "c'est bien d'argumenter pour le non, mais soyez sympas, votez oui"? On ne peut pas réveiller les consciences politiques et faire l'économie de leur expression...


Mais soyons convaincus qu¹il n'y a ni avenir ni utilité pour la gauche et l'écologie en France qui ne passe par la case EUROPE.
Le 20 mai 2005

Mais soyons convaincus qu¹il n'y a ni avenir ni utilité pour les citoyens en France qui ne passe par une case EUROPE moins libérale.



- Claude Taleb, Vice-président, Vert, du Conseil régional de Haute Normandie
- Hélène Flautre, Députée européenne, les Verts, Présidente de la sous commission des Droits de l¹Homme
- Sergio Coronado, Porte-parole des Verts

le 24 mai 2005
Arnaud Villechaise, citoyen qui en marre qu'on lui dise que les changements c'est pour plus tard alors il y croit plus, aux promesses, alors il agit à son petit niveau et fait ce qu'il peut avec sa petite voix. Mais qui garde le sourire :)

Par A. Villechaise - Publié dans : cyberemy
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Mercredi 25 mai 2005

Libération du lundi 23 mai 2005

Éditorial de Serge July

Référendum. Rage, Europe et faux calculs

C'est vrai. Il y a des raisons de voter non, de faire un «hénaurme» bras d'honneur, bien de chez nous, histoire de bousculer Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin et toute leur troupe. Ces raisons n'ont pas directement à voir avec la question posée qui peut se formuler de manière très simple : faut-il pour l'Union européenne un système de décision à la fois plus efficace, plus démocratique, avec plus d'exigence en matière sociale, que le dispositif existant ? A froid, la réponse est évidemment oui. Le compromis trouvé est un progrès, sans pour autant que l'Europe ait trouvé la toison d'or. Mais il n'y a aucun système qui garantisse la pertinence automatique des décisions.

Mais la France a la rage. Elle a plus de deux décennies de rage en stock qui n'ont pas vraiment eu l'occasion de s'exprimer, de s'épancher, de s'écouler, sinon d'être écoutée après deux élections perdues par la droite sans que rien ne bouge à la tête du gouvernement.

Plus de vingt ans avec trois millions de chômeurs, et leur cortège de précaires, c'est insupportable.

De telle sorte que, systématiquement, toutes les majorités politiques sont sanctionnées : à chaque consultation, les sortants sont défenestrés. Les enragés d'aujourd'hui ne comprendraient pas que Lionel Jospin ait été jeté en 2002 et que Jacques Chirac, véritable Frégoli de la fracture sociale, puisse y échapper par un nouveau concours de circonstances.

C'est ce qui semble être dit par une majorité, sondages après sondages. C'est dit d'autant plus volontiers que les dirigeants de gauche qui appellent à voter en faveur du oui ne donnent pas le sentiment de pouvoir enfin nous aider à sortir du labyrinthe politico-social dans lequel erre notre classe politique depuis plusieurs décennies, entre mensonges, clientélisme, artifices et sparadraps.

La mondialisation n'est pas une enfant de l'Europe, mais une donnée planétaire. Ce serait même plutôt une invitation à perfectionner l'Europe fissa, à donner à ce grand projet une âme, si nous voulons prendre part au grand concert planétaire, ne pas simplement subir. C'est le bon sens.

Ce n'est pas le moment de dire non.

La France enragée a le droit de l'être, elle peut tout à fait se donner les moyens de changer toute la classe politique, demain s'il le faut. Mais, aujourd'hui, en votant rage, c'est-à-dire non, elle risque d'aggraver les raisons de sa colère, rendre l'Europe encore plus brinquebalante, moins organisée, sacrifier les chances de rééquilibrer, un tant soit peu, le monde fou qui roule à tombeau ouvert, surtout de se faire encore un peu plus mal, et souffrir beaucoup plus. C'est toujours un très mauvais calcul, celui qui consiste à encourager dans les faits, du fait de la colère, ce que l'on combat en principe, en l'espèce un libéralisme économique dérégulé.

Si le oui l'emporte, ce ne sera grâce ni à Jacques Chirac ni à Jean-Pierre Raffarin, qui battent des records d'impopularité et ne peuvent pas s'en glorifier. Ce serait tout sauf un plébiscite personnel. Cette impopularité zénitale devrait libérer les enragés de l'obligation de voter contre les gouvernants actuels. Car seuls les électeurs de gauche feront in fine la décision. Ce sont eux, dont la moitié est tentée par la rupture, par le grand soir, par les vertus de la crise soi-disant salutaire, qui feront pencher la balance dans un sens ou l'autre. On peut être aussi enragé et européen. Ce n'est pas incompatible.

Par S. July - Publié dans : cyberemy
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Mardi 24 mai 2005

Une journée pour sauver la construction européenne

 

 

Il est toujours beaucoup plus facile de critiquer un texte insatisfaisant, de protester, de dire non, que de le défendre. Et il est vrai que nombre de ceux de nos mentors politiques nationaux qui se sont donnés pour mission de défendre le OUI le font bien mal. Un OUI qui semble institutionnel, convenu, complice même… et pourtant…

 

Ce texte, OUI, est insatisfaisant et médiocre car il est le fruit d’un compromis entre des tendances souvent contradictoire. Trouvé trop libéral par le non de gauche à la française, il est jugé gauchiste par le non à l’anglaise et par quelques nouveaux arrivants, comme les Tchèques. Jugé pas assez laïc par les Français, il n’est pas assez religieux pour les Polonais. Voilà les contradictions que le texte essaie tant bien que mal de concilier.

 

Et ce mot de conciliation est bien le maître mot du projet européen. Nous avons oublié, nous qui avons passé toute notre vie sans avoir à faire la guerre, que cette paix est le fruit de cette construction européenne et de rien d’autre. Pourquoi lorsque nous évoquons nos voisins Allemands ou Italiens, plus personne n’ose parler des Boches et des Ritals ? C’est tout simplement grâce à 50 ans de coopération économique et politique et cette construction européenne il ne faut pas l’arrêter, et ne pas lui faire prendre de retard.

 

Il faut courir vers cette construction, tout de suite, car la bête immonde n’est pas loin derrière. A tous les sympathisants de gauche tentés ou convaincus par le non, je dis attention : que la petite vague française bien intentionnée du non de gauche ne soit pas noyée dans le tsunami du non européen, qui a très distinctement des résonances de bruits de bottes.

 

 

Et pourquoi ce texte ne nous présente-t-il que des demi-mesures, des petits pas ? Pourquoi les avancées démocratiques sont-elles si ténue, ce qui fonde le non de tant de soi-disant pro-européens ?

 

C’est parce que le fait même de construire l’Europe, pour les Etats qui la composent, est une démarche éminemment contradictoire et compliquée : chaque pas vers la construction de l’Europe, c’est un peu de souveraineté nationale qui s’en va… Et qui aime perdre de sa souveraineté ? C’est cela que ne supporte pas le non de droite, et je commence à croire que c’est les mêmes motivations qui pointent bien souvent derrière un certain non de gauche. Notamment lorsqu’on entend dire « Il faudrait plus de contrôle des parlements nationaux… ». 

 

Eh bien non, c’est le contraire, il faut moins de contrôle des parlements nationaux et plus de pouvoirs au parlement européen. Mais ça, c’est l’étape prochaine. Acceptons d’avancer à petits pas…

 

En acceptant, « à l’insu de son plein gré » pourrait-on dire, cette perte progressive de souveraineté, chaque pays d’Europe accomplit un acte hautement démocratique, un acte contradictoire, qu’il fait à reculons mais qu’il fait quand même, au nom d’un intérêt supérieur qui est la construction d’un espace démocratique commun. C’est là qu’il faut chercher la beauté de la construction européenne, dans cet idéal démocratique qui est une réalité même s’il est compliqué à atteindre, et qui se traduit par ce texte imparfait, parfois obscur dont la confusion ne reflète que les désirs contradictoires de chaque Etat qui la compose et des Etats entre eux.

 

Accepter le compromis de ce traité, c’est renoncer à l’illusion de la toute-puissance de nos petites nations. Cette renonciation se fait au profit de l’accession à une Europe ambivalente, une Europe non idéale, mais qui permet de débattre et d’avancer dans un cadre démocratique.

 

Ce renoncement à la toute puissance pour accéder à l’ambivalence, c’est exactement le travail psychique que doit faire un enfant entre 4 et 7 ans : il grandit.

 

Avec ce traité constitutionnel, l’Europe grandit un peu.

 

Francis Lloret

Par F. Lloret - Publié dans : cyberemy
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Mardi 24 mai 2005

Cher(e)(s ?) lecteur(s)-trice(s),

S’il vous vient l’idée de parcourir les dernières contributions, vous vous rendrez compte que les Verts nourrissent abondamment le débat. Perfide manœuvre pour phagocyter un lieu de la parole plurielle ? D’habitude c’est les trotskos qui font ça… Les trotskistes se seraient-ils mis au vert ? Pour certain, ce n’est pas forcément inenvisageable… Mais, bien plutôt, il me semble qu’il y a un certain nombre de personnes qui se comptent dans ce parti, et souhaitent faire partager leurs visions au plus grand nombre. Ce que j’estime éminemment estimable. De surcroît, j’ai la faiblesse de trouver que la dernière contribution (« pourquoi Oui ? ») est sans doute, parmi ce que j’ai lu et entendu ces derniers temps, celle la plus à même de me faire gamberger grave sur ce que je devais aller voter… Lisez-là, voilà un argumentaire qui tient la route. Non qu’il assène un trésor tout juste débusqué des méandres du texte, qui fracasserait d’un coup toutes les idées qu’on pouvait s’en faire, simplement, il replace les grandes lignes en perspective – et c’est précieux !

Ceci dit, le choix des priorités reste sans doute ce qui fait hiatus entre les auteurs de cette contribution et votre modeste scribouillard : admettant volontiers que le TCE consacre l’avancée des valeurs environnementales, signe que les responsables politiques et techniques dont les européens se sont dotés ne sont pas totalement imperméables à la notion de long terme, je suis beaucoup plus dubitatif sur une avancée comparable en matières de choses humaines. Vous me direz que demain c’est l’humain, que penser le développement pour nos petits-enfants c’est déjà faire du « social », et je suis d’accord. Cependant, il y a de l’aujourd’hui à prendre en compte aussi, car cet aujourd’hui conditionne pour une grande part le demain.

Nous avons en commun avec le reste du Vivant l’instinct de conservation. Mais l’un des outils spécifiques de l’homme est la capacité d’adaptation, et de transformation de son environnement. Quelqu’un qui se lève pour chercher de quoi manger ne se demande pas s’il chasse dans une réserve. Et il plantera des fleurs quand il aura récolté ses patates.

L’Union riche préserve son patrimoine. Alors intégrons à ce patrimoine les avancées sociales des pays qui font l’Union. En priorité. Pour moi, le développement durable, c’est d’abord pour chaque citoyen l’accès aux ressources, aux soins, à la reconnaissance. Tout ça est bien mentionné dans le TCE, mais plutôt au chapitre des bonnes intentions. J’aurais souhaité le trouver dans le chapitre des commandes fermes…

 

Par LE PERRON - Publié dans : cyberemy
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