QUE LA FORCE SOIT AVEC... MAIS PUTAIN LAQUELLE ???

Votez Non ! - Mais non, votez Oui ! Ah oui, mais Non ! Mais oui !

 

Jeudi 14 avril 2005

Pourquoi je vote NON

 

 

En tant que responsable socialiste départemental, j’ai participé activement à la campagne interne du parti ; le débat entre nous a été vif mais a toujours été respectueux des autres opinions.

 

Depuis quelque temps, cette campagne devient insupportable. L’assimilation au vote « Le Pen » que vient de faire notre Premier Secrétaire National est « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » ; en conséquence de quoi, j’ai décidé de me mettre en congé du parti et de faire activement campagne pour le NON.

 

Je vote NON d’abord sur le contenu d’un texte. Je ne cherche pas à savoir s’il est mieux ou moins bien que ce qu’il y avait avant. On me demande mon avis, je réponds à la question ma réponse est NON car cette constitution ne permettra plus jamais d’établir une Europe Fédérale pour laquelle je me bats depuis mon adhésion au parti socialiste. C’est un texte qui détermine des grands principes (titre I, titre II) intéressants dans leur ensemble mais la vision politique d’un fédéralisme européen n’existe pas. Le titre III qui intègre les politiques économiques libérales donne un caractère d’irréversibilité, à des orientations politiques que je combats. (Michel Rocard a reconnu lui-même que l’Europe Fédérale était morte et qu’il faudra se contenter d’un grand marché avec des grands principes).

 

Ce texte ne permettra jamais de développer une action sociale ambitieuse puisque l’unanimité devient une obligation pour le développement des politiques sociales, budgétaires et fiscales.

 

Par contre, à la majorité qualifiée vous pouvez développer plus de libéralisme (développement de la concurrence dans tous les secteurs de l’économie y compris les services publics).

 

Si l’on souhaitait développer une Europe forte et puissante il faudrait se donner les moyens budgétaires pour y arriver. (Comme nous avions fait lors de l’entrée de l’Espagne, du Portugal ou de l’Irlande).

 

Or, aujourd’hui la philosophie libérale qui imprègne ce traité constitutionnel va plutôt dans le sens de la non-intervention pour laisser libre le marché et donc exclut une politique volontariste. L’augmentation de dotations budgétaires, seule façon de développer une économie plus juste dans la défense des services publics et des politiques sociales, ne pourra se faire qu’à l’unanimité.

 

Ce problème, tous les socialistes le connaissent et sont d’accord pour dire que cette constitution est insuffisante, qu’elle est un compromis entre les libéraux et eux-mêmes. Alors pourquoi l’accepter ? Faut-il signer un contrat pour le renégocier après et quand ?

 

Ou n’est-il pas plus cohérent de refuser d’abord un contrat que l’on trouve insuffisant et dire que l’on en veut un autre.

 

Les citoyens ont le droit de voter NON si le contrat ne leur plait pas, cela s’appelle la démocratie. Les partisans du OUI ont pour principal argument de dire que cette constitution est une avancée par rapport à ce qui existait auparavant, que ce traité reprend l’ensemble des autres traités et surtout que les titres I et II (relatifs aux droits fondamentaux) sont une avancée par rapport à ce qu’il y avait avant.

 

Alors pourquoi décide-t-on de soumettre au référendum en le constitutionnalisant, le titre III (exposé des politiques libérales).

Tout le monde s’accorde à dire que s’il n’y avait que les titres I et II, la constitution serait acceptée par l’ensemble de la gauche mais on y a ajouté le titre III pour rendre irréversibles des politiques qui n’ont rien à faire dans une constitution. Que je sache, l’expression « économie libérale » n’est pas inscrite au fronton de notre République à la suite de « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ».

 

Ceux qui ont signé le traité de Nice pour la France Jacques Chirac et Lionel Jospin nous ont assuré à l’époque que c’était un bon traité. Aujourd’hui aux yeux des mêmes il serait devenu complètement obsolète car nous sommes passés de 15 à 25 membres. Mais qui a voulu cette extension pré-citée avant même que soit fixées les règles d’un réel approfondissement de la construction européenne ? Précisément ces idéologues européens libéraux qui ne rêvent en fait d’Europe que de grands marchés libres. Mais alors soyons cohérents si l’Europe à 25 est plus efficace pour leurs objectifs que l’Europe à 15 il ne faut pas hésiter à élargir encore, non seulement à la Turquie mais aussi à toute l’Europe (Ukraine, Russie…) et au bassin de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, etc…)

 

Mais alors, qu’on ne me parle plus d’Europe Fédérale, d’Europe Puissance, cela sera simplement une Europe ou les capitaux les marchandises les services les hommes circulent librement, sous la protection de l’OTAN.

 

L’Europe nous a apporté la paix et la sécurité cet argument qui touche beaucoup de vieux militants socialistes et que je partage, n’est plus à mon avis d’actualité aujourd’hui. L’Europe voulue par ses fondateurs avait une vision fédéraliste. Lors du vote du traité de Maastricht beaucoup de socialistes ont voté OUI, (dont moi-même), dans la volonté de créer l’Euro tout en aidant l’Allemagne à réussir sa réunification.

 

Dans la création de cette Europe, aujourd’hui à 25, demain à 30 ou 35, le seul élément commun est un espace de libre change avec, pour principale volonté la concurrence libre et non faussée (concept crée au traité de Rome, mais entre 6 pays et qui concernait une cinquantaine de marchandises), ce qui introduira obligatoirement moins de services publics, moins d’interventionnisme et donc toujours plus d’inégalités. Je ne suis pas sûr que ceux qui vivront dans cette Europe acceptent aussi facilement ces règles.

 

Aussi, les tensions sociales et xénophobes risquent de ressurgir.

 

Pour terminer, je reviens à cette phrase de mon Premier Secrétaire : « Je n’accepte pas les arguments qui jouent sur la peur et ceux qui les développent. Si Le Pen ne s’est pas fait entendre dans cette campagne, c’est que d’autres font le travail à sa place ». Celle-là est de trop !

 

Je n’ai pas de leçon à recevoir. Militant depuis plus de 30 ans dans le parti socialiste, j’ai eu la chance et l’honneur d’avoir accompagné mon parti dans les moments de grandes victoires (mai 81), mais aussi d’avoir connu des moments difficiles (avril 2002).

 

Je respecte ceux qui votent OUI. Je ne le mélange pas avec le OUI de Chirac, Sarkozy ou Berlusconi. Je sais qu’il y a beaucoup de militants sincères qui ne pensent pas comme moi, c’est leur droit, comme j’ai le droit en conscience de voter NON.




Par JP Béraldin - Publié dans : cyberemy
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Jeudi 14 avril 2005

 

n 1862, deux ans avant d'être tué en duel pour une femme infidèle par le comte Janko von Racowitza, le socialiste allemand Ferdinand Lassalle prononçait à Berlin une conférence sur le thème "Qu'est-ce qu'une Constitution ?". Ce texte de combat, qui se réfère à la Constitution prussienne de 1848, a été republié en France en 1999, en même temps qu'un article de Karl Marx sur la Constitution française de 1848, aux éditions Sulliver à Arles, avec une préface de Louis Janover.

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Que dit Ferdinand Lassalle ? Qu'une Constitution est, pour l'essentiel, l'expression d'un rapport de forces dans une société donnée. "On écrit sur une feuille de papier ces rapports effectifs de forces, on leur donne une expression écrite, ils ne sont plus seulement des rapports effectifs de forces sociales, ils sont devenus le droit", souligne-t-il. Une Constitution est donc le miroir dans lequel se reflète l'équilibre des pouvoirs entre les acteurs du jeu politique.

Il n'en va pas autrement du projet de Constitution européenne : il est le résultat d'un compromis entre les protagonistes de la négociation, dont chacun a défendu ses convictions, ses intérêts, ses traditions. Ce compromis révèle l'Europe telle qu'elle est, soumise à des demandes contradictoires, dont le texte porte la marque. Il suffit de se rappeler la diversité des contributions aux travaux de la Convention chargée d'élaborer le traité pour mesurer les affrontements auxquels celle-ci a donné lieu : entre les Etats, petits ou grands, entre les partis, fédéralistes ou souverainistes, entre les groupes de pression, patronaux ou syndicaux.

De cette confrontation est sorti un texte complexe, souvent imprécis, quelquefois ambigu, qui ne ressemble pas à une Constitution classique, mais qui ne se distingue pas beaucoup des traités précédents. Un texte qui autorise des interprétations divergentes et qui confirme surtout le statut particulier de l'Union européenne, insatisfaisant sans doute au regard des exigences de la démocratie et de la solidarité mais assez consensuel pour rassembler un nombre croissant d'Etats. En termes de démocratie, l'Union européenne ne brille pas par sa transparence. Si elle était une vraie fédération, elle rendrait compte de son action au niveau européen.

Si elle était une simple association d'Etats souverains, elle le ferait au niveau national. Comme elle est dans un entre-deux, elle n'est guère présente dans l'espace public de chacun des pays sans qu'existe pour autant un espace public européen.

La singularité de la Commission, sorte de gouvernement non élu par le peuple, témoigne de cette situation. Le projet de Constitution fait un pas en avant, en liant le choix du président de la Commission au résultat des élections au Parlement européen, mais l'institution, si critiquée, demeure le symbole de cette Europe à mi-chemin d'un super-Etat et d'une organisation internationale à la façon de l'ONU. Il en est ainsi parce que tel est le rapport de forces entre ceux qui souhaiteraient ralentir le mouvement, voire revenir en arrière, et ceux qui voudraient aller plus loin.

En termes de solidarité, on voit bien comment l'application des règles de la concurrence peut porter atteinte aux différentes formes de protection établies par l'Etat-providence en France ou ailleurs. Au cours des travaux de la Convention, les défenseurs d'une "Europe sociale" se sont heurtés à la résistance des tenants d'une "Europe libérale" et n'ont obtenu dans la rédaction finale que de modestes avancées. Là aussi l'équilibre antérieur a été, pour l'essentiel, préservé. Le projet de Constitution en est la traduction. Il ne fait que reproduire la réalité de l'Europe.

En termes d'indépendance enfin, un compromis a été conclu entre ceux qui entendaient promouvoir une défense européenne et ceux qui tenaient à affirmer leur appartenance à l'OTAN. Ce n'est pas un débat nouveau : les Européens se disputent depuis de longues années sur leurs relations avec les Etats-Unis, via l'OTAN.

A la demande des "atlantistes", le projet de Constitution, tout en instituant une clause de défense mutuelle, précise que l'OTAN "reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en oeuvre". Les "anti-atlantistes" s'en indignent. Les autres répondent que la construction d'une défense européenne n'est pas incompatible avec les obligations imposées par l'OTAN.

Les rapports de forces inscrits sur les feuilles de papier des traités n'évoluent que lentement. Les partisans du oui n'ont pas tort de faire observer que le nouveau traité reprend nombre de dispositions en vigueur depuis près de cinquante ans et que ceux qui le combattent rejettent en fait la construction européenne elle-même telle qu'elle résulte des traités précédents.

Les partisans du non peuvent répondre que, tout compte fait, cette Europe ne leur convient pas et qu'ils se font fort d'obtenir une renégociation plus favorable. En attendant, ils préfèrent en rester aux traités antérieurs, qui ne sont ni plus sociaux ni plus démocratiques, pour exprimer leur refus de l'Europe telle qu'elle est.

C'est une attitude respectable. Ce n'est pas la plus constructive.

Thomas Ferenczi




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Mercredi 13 avril 2005
Le débat constitutionnel doit devenir sérieux en France

Dans cet article paru dans le Figaro, Pascal Lamy s’étonne que le débat sur le projet de traité européen soit complètement "nationalisé" alors qu’il n’est pas de débat plus "transnational" et appelle à un débat "sérieux", sur le fond.

1er avril 2005

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTINE FAUVET-MYCIA LE 1ER AVRIL 2005.


Ancien commissaire européen au Commerce, aujourd’hui président de Notre Europe, laboratoire d’idées créé par Jacques Delors, demain peut-être à la tête de l’OMC, Pascal Lamy a passé quinze années de sa vie dans le « chaudron » européen. Il s’étonne qu’en France le débat sur le projet de traité européen soit complètement « nationalisé » alors, dit-il, qu’il n’est pas de débat plus « transnational ».

Le FIGARO. - Sondage après sondage, en France, le non au référendum sur le traité européen arrive en tête. Etes-vous surpris ?

Pascal LAMY. - Je ne suis pas surpris tant sont grandes, à ce stade de la campagne, l’incertitude, la méconnaissance de l’enjeu et la perplexité devant cet objet inconnu posé sur la table : le projet de traité constitutionnel européen. Faites la somme des indécis, ce sont pratiquement les deux tiers des personnes interrogées ! Il est temps qu’un débat « sérieux » s’engage dans le respect des opinions de chacun. Un débat pour parler du fond, trier les arguments, expliquer, dialoguer et non pas échanger des anathèmes.

Cette méconnaissance n’est pas une spécificité française. Les Espagnols qui nous ont précédés sur la voie du référendum avouaient la même ignorance. Et ils ont voté oui. Parce qu’ils ont moins de difficultés à se penser européens que nous ?

L’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, d’autres encore ont une culture du compromis, du gagnant-gagnant. A la différence de la France où le compromis est synonyme d’échec. De ce point de vue nous ressemblons aux Anglais dans notre attitude face à l’Europe. C’est la célèbre formule de John Major : « Jeu, set et match pour la Grande-Bretagne » que l’on peut importer chez nous. L’Europe c’est bien, pourvu que l’on occupe le siège du conducteur ! Pendant longtemps, on a présenté aux Français l’Europe comme une grande France dans laquelle les autres avaient la chance d’être avec nous et allaient pouvoir bénéficier des bienfaits de notre système. Quelle démagogie ! Le coeur du réacteur européen, c’est le compromis. En France, l’Europe souffre de cette dévalorisation de la notion de compromis qui tient à notre histoire, notamment à ce côté monarchique du système présidentiel français. Nous préférons la mise en scène du bras de fer.

Dernier exemple en date, le sommet de Bruxelles où la France s’est battue pour pulvériser la directive Bolkestein. Il vous a été reproché de l’avoir approuvée lorsque vous étiez commissaire à Bruxelles. Que faut-il retenir de cet épisode ?

Cette histoire a révélé la méconnaissance du processus de décision au niveau européen. Il a fallu trois mois pour que l’on comprenne qu’il ne s’agissait pas d’une « instruction » donnée par la Commission, mais d’un projet de législation soumis à la Chambre des États et à la Chambre des citoyens - le Conseil et le Parlement européen. La seule question était de savoir s’il y avait une majorité pour adopter ce texte. Il est apparu au cours des travaux législatifs que les garanties données pour éviter tout risque de dumping social n’étaient pas suffisantes et qu’il n’y aurait donc pas de majorité pour l’adopter. Ni au Conseil ni au Parlement européen. Le mot même de « directive » a ajouté à la confusion. La sémantique adoptée dans le projet de traité est infiniment meilleure puisque l’on parle de projet de loi européen et non plus de directive. Tout ceci montre bien qu’il y a un processus démocratique au niveau européen et cette évidence devrait avoir un effet positif et non être source d’inquiétudes.

Un non serait-il aussi catastrophique que le répètent les partisans du oui ?

Je m’en tiendrai à un argument, l’argument final : « Un bon tiens vaut mieux que deux tu l’auras. » D’expérience, pour avoir passé quinze ans dans le chaudron européen, je sais que l’on ne peut aboutir pour l’instant à un meilleur projet de traité. Cela ne veut pas dire qu’il est gravé dans le marbre pour 50 ans ! Il pourra être revu. Même si ce traité se distingue des précédents textes parce qu’il les rassemble et donne une architecture à l’Union, il ne sera, juridiquement, ni plus ni moins difficile à changer que les autres traités, de Rome, d’Amsterdam ou encore de Maastricht. Mais en attendant de pouvoir l’améliorer, lors d’une prochaine étape, ne faisons pas marche arrière. Ne revenons pas au traité de Nice. Ce serait un recul sur les services publics, sur les droits fondamentaux, sur le plan des principes, de la prise de décision. Ce serait une Europe plus difficile à vivre et à faire progresser. Et le monde pendant ce temps ne nous attendra pas.

Quand j’étais commissaire européen, j’ai passé la moitié de mon temps hors du continent européen. Je sais ce que représente la construction européenne comme espoir en Amérique latine, en Afrique et même en Asie : un monde dans lequel il n’y aurait pas que les Américains, les Chinois, les Indiens pour peser sur le cours de la vie de nos enfants et petits-enfants. Si l’Europe n’avait pas été inventée pour surmonter les guerres, il faudrait l’inventer aujourd’hui dans un monde qui se globalise, dans un monde d’éléphants. C’est la réalité du monde, dominé par le capitalisme de marché, qu’il faut reconnaître. Dès lors que nous admettons cette réalité, nous pouvons avoir prise sur elle et lutter contre les abus du capitalisme de marché. A gauche, notamment, beaucoup considèrent que l’Europe est une courroie de transmission de la globalisation néolibérale, je crois exactement l’inverse. Encore faudrait-il ne pas appuyer sur le frein de la construction européenne.

Il faut que le débat devienne sérieux. J’ai un peu le sentiment de voir une famille où les parents sont énervés. Le premier enfant qui passe à portée de main reçoit une baffe. Aujourd’hui, le premier enfant qui passe, c’est l’Europe. Nous sommes dans la théorie de la baffe absurde !





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Mercredi 13 avril 2005

Quand l’UNICE dit la vérité (mais en interne)

Morceaux choisis des documents de l’Union des industries de la communauté européenne.

Dans ses documents internes, le patronat européen, rassemblé au sein de l’UNICE, jette une lumière crue sur le néolibéral traité constitutionnel pour l’Europe. Toutes les citations ici rassemblées, extraites de la synthèse analytique de la constitution européenne publiée par l’UNICE, de ses bulletins de liaison, de ses communiqués de presse et des discours de ses dirigeants, réduisent en poussière la plupart des arguments avancés aujourd’hui par les partisans du traité.

La « compétitivité » tuera l’Europe sociale

« La référence à une Union européenne "hautement compétitive" a été incorporée dans la première partie de la constitution parmi les objectifs de l’Union. C’est un changement considérable, car dans le traité actuel de l’Union européenne, la compétitivité npas mentionnée. Elle est jusqu’ici seulement mentionnée dans le traité établissant la Communauté européenne. Dès lors, la nouvelle constitution donne à la compétitivité une place réellement prééminente. C’est encore plus important quand on constate que beaucoup d’articles de la partie III (les politiques de l’Union) de la nouvelle constitution font référence aux objectifs de l’Union. La notion de compétitivité est encore textuellement répétée dans beaucoup d’articles de la partie III : voyez par exemple l’article III-209 sur la politique sociale. »

« L’UNICE applaudit le fait que les politiques d’emploi vont rester compatibles avec les lignes directrices de la politique économique. »

Hourra (1) ! Toute harmonisation sociale par le haut est écartée

« L’UNICE est satisfaite que le traité constitutionnel n’accroisse pas les compétences de l’Union européenne dans le domaine social, pas plus qu’il n’étende l’utilisation de la majorité qualifiée. »

« L’unanimité reste requise pour toutes les mesures concernant la Sécurité sociale, la protection sociale des travailleurs, la représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs, et les conditions d’emploi des ressortissants des pays tiers résidant légalement dans l’Union. Une déclaration confirme que les domaines dans lesquels l’Union européenne peut promouvoir des mesures coordonnées (l’emploi, le droit du travail, les conditions de travail, etc.) demeurent essentiellement de la compétence des États membres. Dès lors, toute mesure de l’Union européenne devra avoir une nature complémentaire, pour renforcer la coopération entre les États membres, mais pas pour harmoniser les systèmes nationaux. »

« En matière de politique sociale, il faut toujours garder à l’esprit que l’Union européenne peut seulement imposer des standards minimaux. Les États membres ont le droit de maintenir ou d’introduire des dispositions plus contraignantes s’ils le souhaitent, mais sans toutefois pénaliser tous ceux qui sont en train de faire des efforts considérables pour transposer l’acquis communautaire. »

La charte n’effraie guère les patrons

« La charte des droits fondamentaux est incluse comme partie II du traité constitutionnel. En substance pour l’essentiel, le contenu de la charte demeure inchangé par rapport à la rédaction initiale (adoptée au sommet de Nice en décembre 2000 - NDLR). L’incorporation de la charte dans le traité constitutionnel relance la question de sa valeur légale et de son interprétation par la Cour européenne de justice. Pour régler ces questions, plusieurs précisions clarifiant l’interprétation et l’application de la charte ont été introduites (art. II-112). Il en ressort que là où ces droits résultent des traditions constitutionnelles communes aux États membres, ces droits seront interprétés en harmonie avec ces traditions. En outre, ces principes de la charte, intégrés dans les actes législatifs et exécutifs adoptés par l’Union européenne et par les États membres quand ils transposent une loi de l’Union européenne, ne pourront être invoqués en justice que pour l’interprétation de tels actes et le contrôle de leur légalité. Comme spécifié dans la charte, il devra y avoir une pleine prise en compte des lois nationales et des pratiques afférentes. Une référence spécifique aux explications du présidium qui a rédigé la charte a également été introduite ; ces explications devront être les principes guidant la cour européenne de justice et les États membres. Ces considérations restreignent le pouvoir d’interprétation des cours de justice nationales et de la Cour européenne de justice, et empêchent l’expansion potentielle à l’avenir de la portée des droits garantis par la charte. Afin d’assurer la prise en compte de ces précisions, le préambule de la charte rappelle, lui aussi, l’importance des explications du présidium. »

Hourra (2) ! Le dumping fiscal peut continuer

« L’UNICE est ravie que les décisions du Conseil à la majorité qualifiée soient généralisées, sauf dans les cas prévus par la constitution, comme la fiscalité et les politiques sociales, où l’unanimité demeure. »

« L’UNICE s’opposait à l’extension de la majorité qualifiée au champ de la fiscalité et se félicite de noter que le processus de prise de décision à l’unanimité a été maintenu dans ce champ. »

« L’UNICE est contente que les articles sur les ressources de l’Union européenne ne comprennent pas de référence à l’introduction d’un impôt européen. »

La Commission et la BCE restent hors d’atteinte

« La rédaction de l’article sur la Commission s’inscrit dans la ligne des exigences de l’UNICE qui veut une Commission forte, gardant le droit exclusif d’initiative. »

« Selon l’UNICE, c’est très important pour l’Union européenne d’avoir une Commission indépendante et forte qui agisse comme gardienne du traité et qui puisse faire des propositions législatives au Conseil et au Parlement dans l’intérêt de l’Union tout entière. Maintenir le droit exclusif d’initiative pour les affaires législatives avec une Commission complètement indépendante représente le moyen de garantir la cohérence et l’effectivité des actions communautaires. »

« La stabilité des prix est considérée comme un objectif de l’Union (I-3). C’est un résultat important et positif que le secteur des affaires avait appelé de ses voeux pendant la convention. »

« L’UNICE se félicite que la stabilité des prix demeure l’objectif principal de la Banque centrale européenne et que son indépendance soit garantie. »

Morceaux choisis par T. L.

Et ils veulent Bolkestein en prime !

Pour le patronat, la directive sur la libéralisation des services

Dire tout et son contraire à quelques heures d’intervalle, Ernest-Antoine Seillière en est parfaitement capable. Il l’a encore démontré mardi dernier à propos de la directive Bolkestein. Le matin, au cours d’un point presse, le président du MEDEF explique qu’« un certain nombre de professions » représentées dans son organisation « jugent cette directive inadaptée » et il se félicite, à pas comptés sur ce terrain miné, que le patronat ne se soit pas prononcé sur le sujet avant le toilettage en cours à la Commission. Le soir, sur LCI, le patron des patrons voit dans la directive Bolkestein « une formidable opportunité pour les entreprises françaises » : « La plupart des métiers de services qui font partie du MEDEF pensent que la directive Bolkestein donnera aux excellentes entreprises françaises de services l’opportunité de répandre leur travail dans l’Europe entière », lance-t-il. Qui croire, Seillière du matin ou Seillière du soir ?

En fait, il n’y a pas de doute à avoir : le MEDEF soutient la directive Bolkestein dans sa rédaction actuelle et avec, en son coeur, le « principe du pays d’origine », générateur de dumping social, fiscal et environnemental, pousse-au-crime pour la casse des services publics. « Le cadre du marché intérieur doit être adapté aux réalités d’aujourd’hui, expliquait-il le 9 septembre 2004, au cours d’une conférence de presse de l’UNICE à Bruxelles. Vu l’importance du secteur des services, nous avons besoin que la directive sur la libéralisation des services soit adoptée et transposée. Ce devrait être une action prioritaire dans le nouveau cycle politique. Elle doit être basée sur le principe du pays d’origine. » Dans ce même discours, Ernest-Antoine Seillière, qui sait parler clair quand il veut, en rajoutait une couche contre les politiques sociales européennes. « La nécessité pour l’Europe de réformer ses marchés du travail sclérosés est universellement reconnue, pontifiait-il encore. Qu’est-ce que nous attendons ? Bien que cela reste principalement la tâche des législateurs nationaux, l’Union européenne peut donner un coup de main. L’UNICE plaide pour un moratoire sur toutes les législations sociales provenant de l’Union européenne qui imposent de nouvelles obligations aux entreprises, et ce, surtout à cause du fait que les nouveaux États membres sont déjà en train de se battre pour transposer l’acquis communautaire existant. »

En quelques phrases, le futur président de l’UNICE dit l’essentiel : la directive Bolkestein engage les peuples de l’Union dans une course folle à la concurrence et aux délocalisations pour permettre aux nouveaux entrants de rattraper leur retard. Leur retard économique, pas leur retard social, bien entendu. Ce que confirmera très explicitement, mercredi matin sur France-Inter, Guillaume Sarkozy, candidat à la succession de Seillière à la tête du MEDEF : « Nous connaissons depuis très longtemps ce mécanisme ; c’est exactement celui-ci qui s’applique pour les échanges de marchandises. C’est le principe même de l’Europe. Il ne faut pas s’étonner de cette directive Bolkestein. Elle correspond très exactement aux fondements mêmes de l’Union européenne. » CQFD.

T. L.

 

(Journal l'Humanité Rubrique Politique Article paru dans l'édition du 19 mars 2005)






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Mercredi 13 avril 2005
Le traité de Nice ira au maximum jusqu'en 2009. Les règles de concurrence s'appliqueront à tous les domaines sauf les domaines régaliens(police, armée, justice) donc à l'éducation, la santé lorsque ce sera rentable, Aux pouvoirs publics d'assurer le non rentable. -Quand au pouvoir de la commission et au faible rôle du parlement, l'entériner par notre vote me semble dangereux. Le gouvernement français, malgré les imperfections de la constitution de 58 est responsable devant le parlement, donc les électeurs, ce qui n'est pas le cas de la commission ni du conseil des ministres ni du conseil de l'europe. autant de raisons vite dites de demander une autre constitution rédiger par une véritable assemblée constituante, élue pour ce travail.




Par Jean-Marc JOURDAN - Publié dans : cyberemy
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