Mercredi 25 mai 2005
OUI, pour une autre Mondialisation

A une semaine du référendum sur le TCE, le comportement des « leaders » du oui, comme du non, de gauche, menacent celle ci d'un nouveau discrédit, par incapacité à incarner un projet mobilisateur et créateur de possible et d'avenir collectifs.

D'accord !


Avec des accents qui empruntent de plus en plus à des temps qu'on croyait révolus, les imprécateurs les plus sectaires de la campagne du non de gauche sont aussi peu sourcilleux des relents « sécuritaires »  de certains argumentaires et amalgames de leur camp qu'ils sont soucieux de vouer les partisans du oui de gauche aux gémonies du social libéralisme et de la trahison de classe.
Les principaux animateurs -socialistes- de la campagne du oui ne sont quant à eux pas à la hauteur des enjeux. Les chantages au chaos et le rejet de tous les partisans du non comme « anti-européens » sont infondés et ne constituent en rien des arguments susceptibles d'emporter l'adhésion.

D'accord !


Aux premiers nous reprochons d'une certaine façon de tomber dans le panneau libéral. En se focalisant sur la comptabilité des références au libre marché, ils en oublient, souvent négligent, et parfois méprisent, les aspects éminemment civilisationnels et non marchands, qui sont spécifiques au projet européen : les précieuses références à la paix et à la légalité internationale, le refus des discriminations fondées sur l'origine ou sur l'orientation sexuelle, les références constitutionnalisées au respect des droits de l'homme, la prise en compte des droits de l'environnement et des générations futures comme objectifs de l'union etc... Cette forme de mimétisme n'est elle pas un marqueur du besoin de renouvellement de la pensée de gauche, modérée comme radicale ???
Aux seconds nous en voulons de ne pas davantage expliquer et porter certains objectifs :

Et reprochez-vous à Alain Lipietz ceci : "Tout aussi compréhensible, quoique beaucoup moins légitime, est l'opposition d'une partie de la France d'en haut, le non des [...]" Qui en des termes savants et délicats nie le droit de répondre NON à une question posée.

La fameuse et libérale partie III qui seule nous restera, en cas de rejet du TCE, n'est pas que la compilation des anciens traités. Elle en modifie certains chapitres. Il deviendra ainsi possible au Parlement européen, devenu co-législateur et maître du budget agricole de réformer, un modèle agricole qui profite tant aujourd¹hui à l'agro-industrie intensive et exportatrice ... française. L'élaboration d'une politique commune d'asile et d'immigration est quant à elle indispensable pour faire disparaître la course au moins disant « accueillant » révélée par la crise de Sangatte en supprimant le droit de veto dont usent et abusent les ministres de l'intérieur. Ces évolutions sont elles vraiment souhaitées à gauche ? existe t'il un candidat à la présidentielle prêt à expliquer que l'avenir de la France et de l'Europe sociales se jouent aussi sur ces choix ?
On  n¹est malheureusement qu¹à peine surpris que tous, partisans du oui et du non, oublient allègrement les apports incontestables et mesurables de la législation environnementale européenne en France ou les effets bénéfiques des mises aux normes environnementales préalables à l¹élargissement à l¹est (demandez au Danube !) . Les uns seraient obligés de reconnaître que cette Europe libérale impose des contraintes et réglementations à l'industrie. Les autres forcés de renier leurs complaisances passées avec les opposants à Natura 2000.
N'en déplaise aux amateurs de simplifications et de caricatures, il ne nous est pas demandé de répondre oui, ou non, à l'Europe libérale ; la belle affaire, ce serait si facile.

 
Effectivement, oui ce serait trop facile. Mais pour une fois il est possible de dire non à un texte qui, quoi qu'on en dise, est construit sur le schéma d'une économie libérale assistée d'un travail des élus qui soutient cette économie au profit des plus riches. Le TCE, au goût de certains accepte et consolide un état de fait. Et qui peut dire qu'un non, en ce sens est illégitime. Et si cet état de fait ne nous convient pas, comment dire oui?
N'est-il pas possible de demander une AUTRE société? N'a-t-on pas même le droit d'en rêver? Faudra-t-il une révolution pour être entendus?

Nous avons à rejeter, ou approuver, le TCE, selon qu'il nous paraît porter la promesse de toujours plus droit pour les affaires et les marchés ou plus de droits individuels et collectifs des citoyens.
Nous voterons oui parce que l'unique alternative réellement existante est entre le Traité de Nice et le TCE et parce que ce dernier donne plus de pouvoir d¹action aux citoyens et à leurs représentants.

La question posée n'appelle qu'un oui ou un non. C'est effectivement une question fermée. Mais la créativité humaine ne peut rien construire d'autre que le TN ou le TCE? C'est bien triste alors... Pourquoi s'enfermer entre deux écrits. Ne vous est-il pas même possible d'imaginer qu'on peut rédiger un autre texte? Comment peut-on être aussi fermé?

Parce que les parties I, II et IV portent la démocratisation de l'Union européenne et de ses modes de définition des politiques, de décision.
Parce que la partie III, les politiques, seront plus facilement révisables, modifiables, avec le nouveau Traité constitutionnel qu'avec les traités en vigueur.

Selon quels critères cette assertion est-elle établie ?

Parce que l'ensemble, amorce une Union plus démocratique et plus politique.  
Le TCE n'est certainement pas une condition suffisante pour l'Europe sociale, il en est une condition nécessaire. Les avancées sociales de demain, comme celles d'hier, on sait cela à gauche, procèderont des luttes sociales ; elles n'ont jamais été « données ».
Nous pourrons plus facilement nous y employer demain dans une Union qui reconnaît comme objectifs l'économie sociale de marché, le haut niveau d'emploi, la lutte contre la pauvreté et les exclusions, la non discrimination...
Nous avons coutume de beaucoup exiger des autres, soyons exigeants avec nous mêmes : ne réduisons pas l'Union européenne à un espace de libre échange. Ou alors sortons de notre hexagone et allons voir si dans l'Alena (l'alliance de libre échange nord américaine) la peine de mort est interdite, les droits fondamentaux et l'accord de Kyoto sont approuvés et s'il est seulement imaginable que des mexicains et des canadiens votent une loi qui s'applique aux USA !?
Ce oui est tout le contraire d¹on ne sait quelle résignation à l¹état des choses. Il s¹inscrit dans la volonté de dépasser par le haut les échecs et les erreurs de la période passée. Il appelle la redéfinition d'un nouveau projet collectif, pour la gauche et l'écologie. Imaginer une alternative à la mondialisation libérale nécessite de développer ici et maintenant, à l'échelle européenne des voies nouvelles ; nos partenaires des forums sociaux planétaires n¹attendent pas moins.
L'Europe s'est construite par le marché, elle en porte les traces. Le pire serait de confier l'écriture des pages suivantes aux seuls thuriféraires de l'intégrisme monétariste et ultra libéral. C'est bien le risque que porte l¹hypothèse pour le moins crédible, d¹un échec de la demande de renégociation, qui est le seul débouché dont il faut faire crédit aux partisans du non de gauche.

Là encore, un argumentaire pourrait me convaincre plus qu'un simple affirmation

Il faut aussi rendre justice à ces derniers d'avoir forcé le débat et facilité son appropriation par les citoyens. Ce n'est pas une raison pour nous tirer une balle dans le pied en votant non. C'en est une pour ré investir la demande d'Europe dans la définition d'un projet d'avenir, en transcendant les clivages actuels.

Dois-je comprendre : "c'est bien d'argumenter pour le non, mais soyez sympas, votez oui"? On ne peut pas réveiller les consciences politiques et faire l'économie de leur expression...


Mais soyons convaincus qu¹il n'y a ni avenir ni utilité pour la gauche et l'écologie en France qui ne passe par la case EUROPE.
Le 20 mai 2005

Mais soyons convaincus qu¹il n'y a ni avenir ni utilité pour les citoyens en France qui ne passe par une case EUROPE moins libérale.



- Claude Taleb, Vice-président, Vert, du Conseil régional de Haute Normandie
- Hélène Flautre, Députée européenne, les Verts, Présidente de la sous commission des Droits de l¹Homme
- Sergio Coronado, Porte-parole des Verts

le 24 mai 2005
Arnaud Villechaise, citoyen qui en marre qu'on lui dise que les changements c'est pour plus tard alors il y croit plus, aux promesses, alors il agit à son petit niveau et fait ce qu'il peut avec sa petite voix. Mais qui garde le sourire :)

Par A. Villechaise - Publié dans : cyberemy
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